L’attrait d’une ville se traduit par les sensations ressenties à partir des premières secondes où vous y mettez les pieds. Pour Aix en Provence, c’est principalement se promener vers la Rotonde, le cours Mirabeau, être entouré de la population locale, le marché,  les commerçants et s’installer à une terrasse de café.

Être à Aix, c’est prendre son temps, même s’il dure qu’une seule journée, et lui donner la lumière, les couleurs du ciel de Provence.

Puis l’on choisit sa première cible. Ce sera la cathédrale Saint Sauveur. Il faut alors remonter les petites rues du centre, traverser la place du palais de Justice et avec un peu de chance le marché provençal. On s’y arrête nécessairement. Les nombreux marchands offrent, au delà de leurs étals avec les fruits, légumes, olives, objets de brocante et ustensiles de cuisine, la sensation d’être vraiment dans la vie de la cité. Tout le monde s’y presse, la foule est compacte mais l’on fait comme eux, on regarde et l’on s’attarde…

Puis l’on reprend son chemin, en passant devant la mairie datant du XVIIe siècle, inspirée des palais italiens et sa place de justes proportions. Les rues sont piétonnes et l’accès aux boutiques est facile. Je suis frappée par le nombres d’agences immobilières, presque en face l’une de l’autre, de même pour les courtiers en tout genre. J’ai d’ailleurs souvent entendu dire que les courtiers à Aix en provence se faisaient plus nombreux que les boulangeries, c’est le cas ! Mais ce n’est pas l’urgence, le premier rendez-vous est ailleurs.

Lorsque l’on pénètre dans la cathédrale Saint Sauveur, on est saisi par le contraste entre l’animation extérieure et la tranquillité du lieu, la lumière contre l’ombre mais dans ce cas, celle-ci n’est pas sombre, elle se fait ferveur et recueillement. Il est préférable de choisir son heure, sans célébration d’un office, afin de mieux ressentir cette parcelle d’éternité de ses neuf siècles d’existence. Romane et gothique, le mélange de ces deux architectures en fait un monument qui s’exprime sous ses voûtes laissant le champs libre aux sculptures et peintures, comme ce triptyque, « Le buisson ardent » de Nicolas Froment, œuvre magistrale datant du XIV e siècle.

Après cette première rencontre, un autre rendez-vous, avec Cézanne.

Une statue à proximité de la place de la Rotonde le présente, le dos courbé, il semble préoccupé. Il l’est peut-être par sa renommée actuelle, lui dont sa vie de peintre ne fut pas simple. Si l’on remonte le cours Sextius, on s’arrêtera un instant devant une petite église où une plaque rappelle qu’il s’y maria. Mais son seul souvenir concret n’est pas dans quelques toiles que la ville aurait pu acquérir de son vivant, en fait elle le méprisa, mais son atelier, dans sa maison de l’avenue justement dénommée Paul Cézanne dans le quartier Nord. Si l’on est pressé, des bus y mènent.

Une grande pièce en rez de jardin et l’univers du peintre, quelques meubles et son chevalet, une simplicité à l’image de sa vie. Il y passa le plus clair de son temps à travailler ses couleurs. Venir ici n’est pas pour comprendre sa peinture car elle n’a rien à expliquer, elle existe c’est tout. C’est autre chose, chaque objet posé là semble tenir encore le reflet du regard de Cézanne, cela s’appelle un lieu de mémoire, l’âme du peintre y repose encore.

Cette journée à Aix en Provence, il convient de la finir en se mêlant avec la jeunesse locale.

Ville universitaire et cosmopolite, les bars sont nombreux en soirée, débordant sur les trottoirs et l’on s’installe à une table pour boire un alcool, la tête toute sonnante de cette fiesta permanente…

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