Un week-end à Barcelone, un séjour à Rome ou encore une escapade à Lisbonne… Pour beaucoup de Français, ces petits voyages riment avec compagnies low-cost. Malheureusement, ces dernières années, les frais de bagages cabine se sont transformés en véritable casse-tête : payer 30, 40 voire 60 € pour une simple valise en cabine est devenu la norme. Cette pratique est sur le point d’être bousculée par un projet législatif majeur porté par le Parlement européen. Il ne s’agit pas encore d’une loi définitive, mais le texte a déjà franchi une étape clé en commission des transports, et pourrait être voté en séance plénière d’ici la fin de l’année.
Le projet de loi prévoit que chaque passager puisse emporter gratuitement un bagage cabine de 7 kg, ne dépassant pas 100 cm au total, en plus d’un petit sac à glisser sous le siège. Une mesure saluée comme une avancée en faveur des droits des passagers et de la transparence tarifaire, tant les compagnies multipliaient les frais cachés.

En France, des associations de consommateurs réclamaient depuis des années la fin de ces frais qualifiés de « pièges », et cette réforme répond clairement à ces attentes.
Des voyages simplifiés et plus prévisibles
Concrètement, cela veut dire qu’un étudiant bordelais partant à Berlin pour un week-end n’aura plus à anticiper des frais supplémentaires imprévus pour sa valise cabine.
Même chose pour une famille de quatre en partance pour la Grèce : au lieu de dépenser plus de 200 € rien que pour transporter leurs bagages, ces économies pourraient être utilisées pour des activités sur place ou simplement pour alléger le budget global des vacances. Ce changement apporterait un vrai soulagement, surtout à une époque où le coût des voyages a considérablement augmenté.
En parallèle, le projet intègre d’autres mesures, tout aussi favorables aux voyageurs :
- les enfants de moins de 12 ans devront être assis à côté de leur accompagnant sans frais supplémentaire
- et les personnes à mobilité réduite pourront voyager avec leur accompagnateur gratuitement
Ces ajustements renforcent la dimension inclusive et solidaire de la réforme.
Les compagnies low cost grincent des dents
Bien sûr, les transporteurs low-cost ne voient pas la chose d’un très bon œil. Pour eux, ces frais annexes représentaient un revenu colossal : Ryanair, par exemple, a encaissé plus de 4 milliards d’euros en 2024 grâce à ces options payantes.
À la suite de cette mesure, beaucoup craignent que le prix de base des billets augmente, afin de compenser la perte de cette manne. Cela ne serait pas vraiment une surprise, car ces transporteurs ont bâti leur modèle économique sur la segmentation extrême des services.
Si le bagage cabine redevient gratuit, ils chercheront sans doute d’autres moyens de rentabiliser leurs vols.
À l’inverse, les compagnies traditionnelles comme Air France ou KLM n’auraient que peu d’ajustements à faire : le bagage cabine et le sac à main sont déjà inclus dans leurs tarifs. Cette réforme mettrait donc toutes les compagnies sur un pied d’égalité, simplifiant la comparaison pour le consommateur et évitant des situations injustes à l’embarquement.
Quel calendrier pour la France ?
Il faut garder en tête que ce texte n’est encore qu’un projet. Le Parlement européen doit l’adopter en séance plénière, puis le Conseil de l’Union devra donner son accord.
Ensuite, chaque État membre, dont la France, devra le transposer dans sa réglementation. Une entrée en vigueur pourrait être envisagée fin 2025 ou début 2026, mais rien n’est encore gravé dans le marbre. La Direction générale de l’aviation civile devrait être chargée de veiller à l’application, en lien avec les jurisprudences existantes sur la protection des passagers.


